Pour le musée des Beaux-Arts de Lyon, vous devez réaliser la description d’un tableau italien choisi parmi leurs collections.
Vous avez deux rôles à jouer :
- acteur : présentation orale à la classe
- apprenant-agent : rédaction d’une fiche descriptive à envoyer au Musée.
Apprentissages
Compétence Faire la description d’une personne ou d’un personnage dans un tableau
Capacités discursives Utiliser des expressions et des phrases simples pour rendre compte d’une image
Capacités linguistiques
- utiliser le lexique du corps, des vêtements, des couleurs
- des verbes du présent, des articles définis, des possessifs
- maîtriser les pluriels des noms et des adjectifs ainsi que des adjectifs de couleurs
Résumé de la situation
Description succincte des phases. Seule la phase 5 sera développée après le résumé.
- phase 1 Les élèves découvrent le lexique du corps et du visage à travers des images légendées, ils doivent le réemployer dans le “jeu du monstre” : un être fantastique à composer soi-même en le décrivant à un camarade qui le dessine.
- phase 2 Travail sur les caricatures : Les photos des élèves et des professeurs “déformées” grâce à une application permettent de réinvestir le lexique du visage. Les élèves doivent décrire les images en employant des adjectifs pour qualifier les visages sans risquer la gêne ou la moquerie blessante, puisque tout le monde est “déformé”.
- phase 3 Nous passons à la découverte du lexique des vêtements et des couleurs grâce à des enveloppes contenant des images et des mots. Chaque vêtement a été associé à une couleur facilement reconnaissable. La découverte et l’identification du lexique des vêtements relève donc uniquement de l’élève lui-même.
-* phase 4 Le lexique découvert précédemment est remobilisé grâce à une activité concrète : chaque élève tire au sort une destination pour un weekend. Il doit alors composer le contenu de sa valise avant de présenter ses choix à la classe.
- phase 5 Dans cette phase intermédiaire, la tâche de synthèse amène les élèves à enregistrer la description physique et vestimentaire d’un camarade. Ces enregistrements ainsi qu’une photo de la classe entière sont ensuite envoyés à la classe partenaire. Charge alors aux destinataires d’écouter les descriptions et de retrouver ainsi l’identité de chaque élève sur la photo.
- phase 6 Nous passons à la deuxième phase de notre travail qui va se concentrer sur la description de tableau : les élèves découvrent et réemploient le lexique propre à la description d’une image dans sa composition et ses lignes de force.
- phase 7 Les élèves s’entrainent à décrire la Joconde de Léonard de Vinci avant de choisir un tableau italien du Musée des Beaux-Arts de Lyon parmi 6 propositions. Ils travaillent par binôme pour préparer une description la plus complète possible (sans néanmoins rédiger leur présentation).
- phase 8 La tâche de synthèse qui clôt cette séquence consiste alors à présenter au reste de la classe la description de son tableau, en deux groupes puisque les élèves sont deux par tableau. Après une correction par binôme, les descriptions rédigées sont mises en page et illustrées avant d’être envoyées au Musée.
Mise en œuvre pédagogique
Phase 5 : décrire un camarade
Le déroulement
Lors de cette tâche intermédiaire, les élèves de la classe A se décrivent entre eux et envoient leurs descriptions accompagnées d’une photo de la classe B avec laquelle ils correspondent.
Nous commençons par un rebrassage du lexique des vêtements et des couleurs : les élèves tirent au sort un papier avec un nom de vêtement ou un adjectif de couleur. Ils doivent alors composer une phrase pour décrire un camarade qui porte ledit vêtement ou ladite couleur.
Par binôme, les élèves préparent les descriptions qu’ils vont ensuite enregistrer. Ils ont été autorisés voire invités à amener un accessoire ou une tenue qui les distingue et/ou qui apporte une touche de fantaisie à la description. Ils peuvent avoir recours à leur cahier, à des dictionnaires et au professeur le cas échéant.
Grâce à des MP4, les élèves peuvent s’enregistrer quand ils sont prêts et se réécouter autant de fois qu’ils le souhaitent. Le fichier-son de leur choix est envoyé à la classe B ainsi qu’une photo de toute la classe prise dans les 5 dernières minutes du cours.
Les difficultés des élèves en expression orale
Au cours de cette première partie de séquence, les élèves ont vu : la description du corps avec des adjectifs, les vêtements et les couleurs. Dans les séquences précédentes, nous avions vu les articles définis ainsi que les accords et les possessifs.
Or, lorsqu’ils décrivent leur camarade, on peut remarquer qu’ils ont du mal à respecter les règles des accords, des articles et des possessifs. Ils ont vu les utilisations dans des documents, ont été amenés à relever les règles mais ils semblent les oublier au moment de les employer en situation.
A l’écoute de leurs enregistrements, on peut noter des erreurs telles que
- « i sopracciglia » (pluriel irrégulier en a mais c’est un féminin) au lieu de « le sopracciglia » ;
- « la baffi » au lieu de « i baffi ».
Ces deux exemples sont très éclairants car ils montrent le poids de la langue première dans les erreurs d’usage de la langue seconde. En effet, en français les sourcils sont masculins mais la moustache est un féminin singulier. De même, ils ont tendance à utiliser l’article « lo » à tort et à travers comme dans " lo cappello" car cet article est plus proche du français « le ». Or, « lo » ne s’emploie que devant un « z » ou un « s » suivi d’une consonne. Il y a une réelle difficulté à choisir entre les 3 possibilités au masculin singulier « il, lo et l’ ».
Les perspectives de remédiation
Afin de remédier à ces obstacles, nous avons envisagé plusieurs pistes de travail :
- réécouter leurs EOC afin qu’ils puissent s’auto-corriger.
- analyser avec les élèves les différences entre leur langue maternelle et l’italien pour bien pointer du doigt ce qui peut leur poser problème.
La première proposition a été mise en œuvre en salle informatique et l’on a pu voir que les élèves peinent à identifier leurs erreurs quand elles ne sont pas pointées par le professeur. Nous avons procédé comme suit :
- a) réécoute par les élèves de leur oral et éventuelle auto-correction.
- b) distribution par l’enseignant d’une fiche avec les formes erronées repérées dans leur production.
- c) Nouvelle tentative d’auto-correction par les élèves.
Notre deuxième perspective de remédiation nous a conduit à pointer avec les élèves les différences entre le français et l’italien en insistant sur ce qui leur semblait « bizarre » ou peu logique. Nous avons souligné avec eux ce qu’ils faisaient spontanément afin de faire ressortir les formes qui allaient contre cette spontanéité.
Afin de les aider à s’approprier tout à fait le fonctionnement des articles, nous avons mis en place une activité intitulée le « Glissé-déposé ». Il s’agissait pour les élèves de décrire et de comparer deux super-héros italiens : Capitan Novara et Susan.
Par groupes de quatre, ils disposaient d’un plateau de jeu sur lequel était inscrit une série de mots (des noms, des adjectifs mais aussi des verbes) tels que « l’homme », « la femme », « je vois », « musclé ». Ils avaient également sur le table une pile de cartes sur lesquelles étaient inscrits des articles définis simples ou contractés. Chaque élève devait retourner une carte sur la table et formuler une phrase comportant au moins 5 mots parmi lesquels l’article sur la carte et un des mots du plateau de jeu.
Le but de cette activité est de les inviter à décrire un personnage tout en se concentrant sur les articles en un temps limité. La rapidité du temps de réaction qui leur est demandé ne leur permet pas de prendre le temps de la réflexion. Seuls les élèves qui ont bien assimilé la règle éviteront les erreurs. Lorsque ce n’est pas le cas, les autres élèves qui écoutent la phrase sont là pour valider ou non la proposition et souligner l’erreur. Bien sûr, l’enseignant circule dans les rangs pour pointer une forme erronée qui serait passée inaperçue ou départager les joueurs qui n’arriveraient pas à se mettre d’accord.
La réussite et les limites de ces activités de remédiation ont pu être mesurées lors d’une nouvelle tâche orale : dans le cadre d’un concours organisé par une école de dessin à Rome, les élèves ont été invités à décrire un nouveau super-héros. Il ne s’agissait pas uniquement d’en faire la description physique mais aussi de retracer sa biographie, ses missions et ses super-pouvoirs. Néanmoins, on a demandé aux élèves d’être particulièrement vigilants en ce qui concernait leur usage des articles définis simples et contractés.
On a ainsi pu observer que ...
- les productions améliorées → décrire un super-héros (mardi 24 janvier en classe).